La vue de dessus supprime l’occlusion et la remplace par une difficulté plus tenace : les frontières que l’on demande de tracer y correspondent rarement à une discontinuité visible, parce qu’elles séparent des usages du sol plutôt que des objets.
Cet article expose ce que ce contexte demande. Il prolonge l’article consacré à la segmentation d’images médicales.
Ce qui distingue ce contexte
Cinq propriétés séparent ce vertical de la segmentation d’images des autres. Les matières continues dominent, une image comportant peu d’objets dénombrables. L’échelle varie fortement, un même corpus pouvant mêler des résolutions sans rapport. La vue est zénithale, ce qui supprime l’occlusion mutuelle des objets. Les frontières relèvent d’un usage plutôt que d’une matière, une limite de parcelle traversant un couvert homogène. Et l’image porte souvent bien plus de bandes que les trois du domaine visible. Une conséquence pratique importante en découle. La quatrième propriété est la plus déterminante, une part des frontières demandées n’existant pas dans le signal et provenant d’une réalité administrative ou fonctionnelle.Les frontières que l’image ne porte pas
Cette difficulté domine le vertical et elle est irréductible. Quatre situations l’illustrent en segmentation d’images. Une limite de parcelle traversant un champ cultivé de façon homogène. Une frontière entre deux usages du sol identiques en apparence, résidentiel et mixte notamment. Une transition progressive entre deux couverts, lisière ou zone humide. Et une limite administrative sans aucune traduction physique sur le terrain. Une observation importante en découle pour un projet de segmentation d’images. Ces quatre situations appellent une source extérieure plutôt qu’un examen plus attentif, l’information nécessaire n’étant pas dans l’image.Ce que l’échelle change
Quatre effets découlent de la variation de résolution en segmentation d’images. Une même catégorie apparaît comme un objet ou comme une texture selon la résolution. Le seuil de taille minimale n’a pas le même sens d’une image à l’autre. La longueur des frontières croît avec la finesse, donc la charge de travail. Et un corpus mêlant des résolutions produit une exigence de précision variable sans que rien ne l’explique. Une conséquence pratique s’ensuit. Ces quatre effets imposent d’exprimer les seuils en unités terrain plutôt qu’en pixels, un seuil en mètres carrés gardant son sens là qu’un seuil en pixels change avec la résolution.Ce que les bandes spectrales apportent
Trois observations situent cette particularité en segmentation d’images. Certaines distinctions invisibles en couleurs naturelles deviennent évidentes sur d’autres bandes. L’annotateur doit disposer de plusieurs compositions colorées et savoir laquelle consulter selon la classe. Et une frontière tracée sur une composition ne coïncide pas nécessairement avec celle qu’une autre suggérerait. Une conséquence pratique importante en découle. Le troisième constat impose de déclarer sur quelle composition la frontière a été tracée, information que personne ne consigne et qui explique une part des désaccords entre annotateurs.Les nomenclatures d’occupation du sol
Une particularité de ce vertical de la segmentation d’images mérite d’être posée. Les catégories proviennent de référentiels établis par les organismes du domaine. Trois conséquences en découlent en segmentation d’images. La nomenclature ne se rédige pas, elle s’adopte, comme dans le contexte médical. Les catégories sont hiérarchiques, un niveau de détail devant être choisi explicitement. Et les définitions comportent souvent des seuils chiffrés, taux de couvert ou surface minimale. Une observation en découle pour un projet de segmentation d’images. Le troisième point est précieux, un référentiel qui chiffre ses seuils fournissant une convention que la plupart des autres domaines demandent d’inventer.Les nuages et les ombres
Quatre situations récurrentes appellent une règle explicite. Le nuage opaque, qui masque entièrement le sol. Le voile fin, qui altère les couleurs sans masquer la structure. L’ombre portée d’un nuage, qui assombrit une zone par ailleurs visible. Et l’ombre de relief ou de bâti, qui appartient au sol et non à l’objet qui la projette. Une conséquence pratique s’ensuit. La deuxième situation est la plus problématique, un voile fin laissant l’annotation possible tout en biaisant les critères colorimétriques, ce qui produit une classification cohérente et fausse.Ce que la saison impose
Une propriété temporelle affecte directement ce vertical. Trois conséquences en découlent en segmentation d’images. Une même parcelle change entièrement d’apparence selon la période, sans changer d’usage. Un corpus constitué sur une seule saison ne prépare pas un système aux autres. Et la comparaison entre deux dates suppose une saison équivalente ou bien une correction explicite. Une observation importante en découle. La première conséquence produit une difficulté d’annotation directe, un annotateur devant classer un usage à partir d’une apparence qui n’en est qu’une manifestation saisonnière.Les sources externes et leur emploi
Une pratique propre à ce vertical mérite d’être exposée. Une donnée extérieure fournit les frontières que l’image ne porte pas. Quatre sources externes se rencontrent en segmentation d’images satellitaires. Le cadastre ou le registre parcellaire, qui donne les limites de propriété et d’exploitation. Les bases d’occupation du sol existantes, à mettre à jour plutôt qu’à recréer. Les relevés de terrain, coûteux et irremplaçables sur les classes ambiguës. Et les données issues d’un autre capteur, radar ou altimétrique, qui lèvent certaines confusions. Une conséquence pratique importante en découle. La deuxième source change la nature du travail, une mise à jour consistant à détecter et corriger les évolutions plutôt qu’à tout retracer, ce qui divise la charge sur les zones stables.Ce que le contrôle qualité exploite
Cinq vérifications de segmentation d’images conviennent à ce vertical. La proportion de chaque classe par image, dont une valeur aberrante signale une confusion. La cohérence des voisinages, certaines classes ne se côtoyant pas dans la réalité. La continuité aux bords de dalle, deux tuiles voisines devant s’accorder. La comparaison avec une source externe lorsqu’elle existe, cadastre ou registre parcellaire. Et la vérification des zones situées sous voile fin, dont la classification reste la plus suspecte. Une observation importante en découle pour un projet de segmentation d’images. La troisième vérification est propre à ce vertical, une image découpée en dalles pour l’annotation produisant systématiquement des discontinuités aux jointures que rien d’autre ne révèle.Le découpage en dalles
Une contrainte pratique structure la production sur ce vertical. Une image satellitaire dépasse largement ce qu’un outil affiche. Quatre conséquences en découlent. L’image se découpe en tuiles, chacune constituant une tâche. Un objet à cheval sur deux tuiles est annoté deux fois indépendamment. Le contexte manque à l’annotateur, une tuile isolée ne montrant pas la structure d’ensemble. Et le raccord entre tuiles produit des discontinuités bien visibles à l’assemblage. Une conséquence pratique importante en découle. Le troisième effet est le plus sous-estimé, un usage du sol se reconnaissant souvent à son organisation d’ensemble plutôt qu’à sa texture locale, ce qui rend un recouvrement entre tuiles nécessaire plutôt que confortable.Ce que ce travail coûte
Quatre facteurs déterminent la charge de segmentation d’images sur ce vertical. La longueur cumulée des frontières, qui croît avec la finesse de la nomenclature. Le niveau hiérarchique retenu, chaque niveau supplémentaire multipliant les décisions. La proportion de frontières sans traduction visible, qui impose une source externe. Et la surface couverte, la seule variable que les commanditaires considèrent spontanément. Une observation en découle. Le deuxième facteur produit l’écart le plus important, le passage d’un niveau général à un niveau détaillé multipliant le nombre de frontières bien au delà de ce que le nombre de classes suggère.Ce que l’assistance apporte ici
Trois observations situent l’aide automatique sur ce vertical. La classification par similarité spectrale fonctionne bien sur les couverts homogènes. La désignation par clic sert peu, les matières continues n’ayant pas de contour à désigner. Et les frontières d’usage restent entièrement humaines, aucun signal de l’image ne les portant. Une conséquence pratique s’ensuit pour un projet de segmentation d’images. Le premier constat distingue ce vertical du contexte médical, la similarité spectrale y étant bien plus efficace qu’ailleurs puisque les classes se définissent en partie par leur signature.Aborder un projet satellitaire
Cinq questions cadrent un projet satellitaire de segmentation d’images. Quel référentiel de nomenclature s’applique et à quel niveau. Cette réponse détermine la charge. Quelles frontières relèvent d’un usage plutôt que d’une matière. Elles appellent une source externe. Le corpus mêle-t-il des résolutions. Une réponse positive impose des seuils en unités terrain. Quelles saisons sont représentées. Cette réponse borne la généralisation. Et un recouvrement entre tuiles est-il prévu. Son absence produit des discontinuités aux jointures. Ces cinq réponses déterminent la faisabilité et le coût. Les poser avant de commencer évite un corpus dont les frontières administratives ont été devinées.Ce que ce chapitre enseigne
Une observation transversale mérite de clore cet examen. Ce vertical demande de tracer des limites que l’image ne contient pas. Trois constats la composent. Une part des frontières sépare des usages plutôt que des matières, ce qui appelle une source extérieure et non un examen plus attentif. Le référentiel de nomenclature préexiste et chiffre souvent ses seuils, ce qui fournit une convention que d’autres domaines doivent inventer. Et le découpage en tuiles prive l’annotateur du contexte dont l’identification d’un usage dépend. Ce constat forme un contrepoint au chapitre précédent, la limite y venant de la donnée là qu’elle venait du jugement expert.Les erreurs les plus fréquentes
- Exprimer un seuil de taille en pixels sur un corpus multi-résolution.
- Rédiger une nomenclature au lieu d’adopter un référentiel du domaine.
- Ne pas choisir explicitement le niveau hiérarchique retenu.
- Demander de tracer une limite d’usage sans fournir de source externe.
- Annoter sous voile fin sans le signaler.
- Constituer un corpus sur une seule saison.
- Découper en tuiles sans recouvrement.
- Négliger la vérification de continuité aux jointures.
- Omettre de déclarer la composition colorée employée.
- Chiffrer à la surface couverte sans considérer la finesse de nomenclature.