La précision d’un masque ne dépend pas de la patience de celui qui le trace. Elle dépend de la méthode employée, de l’outil disponible et surtout de la question de savoir si le contour recherché existe dans l’image ou s’il relève d’une décision.Cet article expose les techniques. Il prolonge l’article consacré à la segmentation panoptique.
Les quatre méthodes de tracé
Quatre approches produisent un masque de segmentation d’images.Leur rendement diffère fortement.Le tracé polygonal, une suite de sommets que l’annotateur pose le long du contour visé.Le pinceau, qui peint la région directement à la résolution du pixel.La sélection par similarité, qui étend une zone selon un critère de couleur ou de texture.Et la désignation assistée, où un point ou une boîte grossière produit une région complète.Une conséquence pratique importante en découle. Ces quatre méthodes ne se remplacent pas, la plupart des corpus de segmentation d’images étant produits par une combinaison où chacune traite ce qu’elle traite le mieux.Ce que le polygone permet
Quatre propriétés caractérisent cette méthode de segmentation d’images.Le résultat se modifie facilement, un sommet se déplaçant sans reprendre le tracé.La densité de sommets s’adapte à la complexité locale du contour.Le stockage est compact, quelques dizaines de valeurs décrivant une région entière.Et la précision reste bornée par la distance entre sommets, qui lisse les irrégularités fines.Une observation en découle pour un projet de segmentation d’images. La dernière propriété est un défaut sur les contours découpés et un avantage sur les contours réguliers, ce qui rend cette méthode adaptée aux objets manufacturés et inadaptée à la végétation.Ce que le pinceau permet
Quatre propriétés le distinguent du polygone.La précision atteint le pixel, aucune interpolation ne lissant le résultat.Les régions non convexes et les trous se traitent naturellement.La correction est locale, une zone se retouchant sans affecter le reste.Et le stockage devient lourd, chaque pixel de l’image devant porter une valeur.Une conséquence pratique s’ensuit. La deuxième propriété est déterminante sur les structures ajourées, un grillage ou un feuillage se peignant alors qu’un polygone ne les décrit qu’au prix d’un contour d’une complexité impraticable.Ce que la sélection par similarité permet
Trois observations situent cette méthode en segmentation d’images.Elle traite très vite les régions homogènes dont le contraste avec le voisinage est net.Elle échoue sur les transitions progressives, le critère de similarité n’ayant pas de limite naturelle.Et elle produit des débordements que l’annotateur doit reprendre, ce qui annule parfois entièrement le gain.Une observation importante en découle. Ces trois constats font de cette méthode un accélérateur conditionnel, rentable sur les scènes contrastées et coûteuse sur les scènes douces, ce qui impose de la tester sur les données réelles avant de la retenir.Ce que la désignation assistée change
Quatre effets accompagnent cette méthode de segmentation d’images.La cadence augmente fortement sur les objets bien contrastés et de taille moyenne.Le travail se déplace vers la vérification, la production devenant une validation.Les frontières produites suivent le contraste plutôt que la convention du projet.Et les structures fines sont fréquemment omises, l’assistance lissant tout ce qu’elle ne distingue pas.Une conséquence pratique importante en découle pour un projet de segmentation d’images. Le troisième effet est le plus insidieux, un contour parfaitement ajusté au contraste pouvant contredire la règle de placement retenue sans qu’aucune imprécision ne soit visible.Choisir la méthode selon le contour
Quatre situations appellent chacune une méthode dominante.Un contour régulier et net appelle le polygone, rapide et compact.Un contour découpé ou ajouré appelle le pinceau, seule méthode praticable.Une grande région homogène très contrastée appelle la sélection par similarité.Et un objet courant bien détaché appelle la désignation assistée, sous réserve d’une vérification.Une observation en découle. Ces quatre situations coexistent dans une même image, ce qui rend le choix d’une méthode unique par projet moins efficace qu’une combinaison décidée classe par classe en segmentation d’images.Le tracé aux frontières incertaines
Une difficulté échappe à toutes les méthodes de segmentation d’images.Une transition progressive n’a pas de position que la précision de l’outil permettrait d’atteindre.Trois règles de placement coexistent en segmentation d’images.La frontière au début de la transition, qui produit des surfaces minimales.La frontière au milieu, compromis le plus répandu.Et la frontière à la fin de la transition, qui produit des surfaces maximales.Une conséquence pratique importante en découle. Ces trois règles produisent des écarts de surface substantiels sur les objets flous, ce qui les rend déterminantes pour tout usage de mesure et impose de les écrire plutôt que de les laisser à l’appréciation.Ce que l’outil doit permettre
Six fonctions d’outillage conditionnent la production de masques en segmentation d’images.Le zoom fluide et le déplacement sans changement d’outil, gestes répétés des milliers de fois par jour.Le réglage fin de la largeur du pinceau, y compris à un seul pixel.L’annulation à granularité fine, un geste malheureux pouvant affecter une région entière.Le masquage temporaire des classes déjà tracées, indispensable pour travailler sous une couche existante.L’affichage du contour en superposition sur l’image, plutôt qu’en aplat opaque.Et la conversion entre polygone et masque, qui permet de changer de méthode au milieu d’un tracé.Une conséquence pratique importante en découle. La cinquième fonction est la plus déterminante pour la précision, un aplat opaque masquant exactement la zone que l’annotateur doit examiner pour placer sa frontière.Les erreurs de tracé caractéristiques
Cinq défauts reviennent dans les corpus de segmentation d’images.Le contour systématiquement intérieur, produit par la prudence de l’annotateur.Le contour en escalier, signature d’un pinceau trop large sur un bord oblique.Les échardes, régions de quelques pixels laissées entre deux zones voisines.Les trous non intentionnels, pixels du fond oubliés à l’intérieur d’un objet.Et les débordements de propagation, une région ayant envahi sa voisine sans que l’annotateur ne le voie.Une observation importante en découle. Le premier défaut est le plus fréquent et le seul qui soit systématique, ce qui le rend détectable par comparaison des surfaces moyennes entre annotateurs plutôt que par examen visuel.Les structures fines
Cette catégorie d’objets résiste à toutes les méthodes.Câbles, tiges, cheveux et grillages ont une épaisseur proche de la résolution.Quatre difficultés en découlent en segmentation d’images.L’objet occupe partiellement les pixels, aucun n’étant entièrement à lui.Le tracé au pinceau produit une épaisseur exagérée, la largeur minimale de l’outil dépassant celle de l’objet réel.Le polygone est impraticable, le contour comptant autant de sommets que de pixels.Et l’assistance automatique les omet, aucun contraste franc ne les délimitant.Une conséquence pratique s’ensuit pour un projet de segmentation d’images. Ces quatre difficultés justifient une convention explicite pour ces classes, l’inclusion ou l’exclusion des structures fines devant être décidée plutôt que subie.De quoi la cadence dépend
Quatre facteurs déterminent le temps par région en segmentation d’images.La longueur du contour, facteur dominant que la surface ne prédit pas.La netteté du contour, une transition floue demandant une décision à chaque point.La méthode employée, dont l’adéquation au type de contour pèse davantage que la compétence.Et la fluidité de l’outil, un affichage saccadé rendant tout tracé précis impossible.Une observation en découle. Le troisième facteur produit l’écart le plus important entre équipes, un annotateur formé au choix de méthode traitant plusieurs fois plus vite qu’un annotateur qui emploie le pinceau partout.Ce que le contrôle vérifie sur le tracé
Cinq vérifications portent spécifiquement sur la qualité des masques.La distribution des surfaces par classe, dont un décalage signale un biais de placement.La présence de régions de quelques pixels, signature d’échardes.La présence de trous non déclarés à l’intérieur des régions.La régularité des contours, un profil en escalier signalant un outil mal réglé.Et la comparaison entre annotateurs, restreinte à une bande étroite autour des frontières.Une conséquence pratique importante en découle. La dernière vérification est la seule qui mesure ce qui compte, un accord calculé sur toute la surface étant dominé par l’intérieur des régions où personne ne se trompe.Aborder la production des masques
Cinq questions cadrent la production de masques en segmentation d’images.Quels types de contours le corpus contient-il. Cette réponse détermine les méthodes à outiller.Quelle règle de placement s’applique aux transitions floues. Son absence produit une variabilité de surface.Les structures fines font-elles partie du périmètre. Cette réponse appelle une convention dédiée.Les annotateurs sont-ils formés au choix de méthode. Cette réponse conditionne la cadence.Et le contrôle porte-t-il spécifiquement sur les frontières. Son absence laisse passer l’essentiel des défauts de tracé.Ces cinq réponses déterminent la qualité atteignable et son coût. Les poser avant de commencer évite un corpus dont la précision varie selon l’annotateur et la classe.Ce que ce chapitre enseigne
Une observation transversale mérite de clore cet examen.La précision d’un masque tient à la méthode et à la convention plutôt qu’au soin.Trois constats la composent.Chaque type de contour appelle une méthode différente, et le choix pèse davantage sur la cadence que la compétence de l’annotateur.La règle de placement détermine la surface livrée sur tous les contours flous, ce qui en fait une décision de mesure et non de style.Et le biais de placement intérieur est le seul défaut systématique, donc le seul détectable statistiquement.Ce constat prolonge les chapitres précédents, la frontière restant le lieu où se décide la qualité du corpus.Les erreurs les plus fréquentes
- Employer une seule méthode de tracé pour tout un corpus.
- Tracer un contour ajouré au polygone plutôt qu’au pinceau.
- Laisser la règle de placement à l’appréciation de chaque annotateur.
- Accepter un contour assisté qui suit le contraste plutôt que la convention.
- Ne pas décider explicitement du sort des structures fines.
- Négliger la formation au choix de méthode.
- Contrôler l’accord sur toute la surface plutôt qu’aux frontières.
- Laisser des échardes entre régions voisines.
- Employer un pinceau trop large sur des bords obliques.
- Confondre imprécision et biais systématique dans le diagnostic.
