Le coût d’un projet de segmentation ne se déduit ni du nombre d’images ni du nombre d’objets. Il dépend de la longueur des frontières à tracer, grandeur que personne ne mesure et qui varie d’un ordre de grandeur entre deux corpus de taille identique.
Cet article décompose ce coût. Il prolonge l’article consacré à la segmentation pour la conduite autonome.
Pourquoi l’image n’est pas une unité
Quatre raisons rendent l’image trompeuse comme unité de segmentation d’images. Le nombre de régions varie fortement d’une image à l’autre. La complexité des contours change le temps par région dans un rapport important. L’exigence d’exhaustivité impose de traiter le fond, dont l’ampleur ne dépend pas du nombre d’objets. Et la formulation retenue modifie le travail sur les mêmes régions. Une conséquence pratique importante en découle. Ces quatre raisons font que deux corpus comptant le même nombre d’images peuvent différer d’un ordre de grandeur, ce qui rend un chiffrage à l’image défendable seulement après avoir mesuré ces paramètres.L’unité qui fonctionne
Une grandeur prédit le travail de segmentation d’images mieux que toute autre. La longueur cumulée des frontières entre régions constitue l’unité réelle. Trois observations justifient ce choix en segmentation d’images. Une grande région homogène se traite presque aussi vite qu’une petite. Un objet découpé coûte beaucoup plus qu’un objet compact de même surface. Et le désaccord entre annotateurs se concentre entièrement sur ces frontières. Une observation importante en découle. Cette grandeur se mesure sur quelques images annotées plutôt qu’elle ne s’estime, ce qui transforme un chiffrage intuitif en calcul vérifiable.Les sept postes d’un budget
Leur séparation conditionne toute estimation réaliste de segmentation d’images. Le cadrage, qui fixe la formulation, la précision et la nomenclature. L’écriture des conventions, en particulier celles qui traitent les frontières incertaines. Le lot pilote, qui mesure la cadence réelle par type de contour. L’annotation elle-même, poste dominant en volume. Le contrôle qualité, distinct de l’annotation et régulièrement absorbé en elle. Le corpus d’évaluation, dont l’exigence dépasse celle du corpus d’entraînement. Et la documentation, conventions écrites et rapport de qualité.Ce que la formulation change
Trois niveaux de segmentation d’images se distinguent par leur coût. La segmentation sémantique, la moins coûteuse à couverture égale. La segmentation d’instances, qui ajoute un surcoût sur les seules zones de contact entre objets de même classe. Et la formulation panoptique, qui ajoute l’exhaustivité du fond et la résolution des recouvrements. Une conséquence pratique s’ensuit pour un projet de segmentation d’images. Le passage à la panoptique produit l’écart le plus important, non par la difficulté des objets mais par l’obligation de décrire tout ce qui n’en est pas.Ce que la précision change
Quatre niveaux d’exigence se rencontrent en segmentation d’images. Leur coût varie considérablement. Le contour grossier, suffisant lorsque seule la position compte. Le contour ajusté, standard de la plupart des projets. Le contour au pixel, qui suit la moindre irrégularité. Et le contour sous-pixellique, réservé aux usages métrologiques. Une observation importante en découle. Le passage du deuxième au troisième niveau produit un écart considérable et il se justifie uniquement lorsque l’usage aval exploite réellement cette finesse, condition que peu de projets vérifient.Ce que la nomenclature change
Quatre propriétés affectent le coût en segmentation d’images. Le nombre de classes, qui multiplie les décisions. La granularité, une catégorie fine multipliant les cas d’hésitation. Le nombre de classes fréquemment adjacentes, chaque contact produisant une frontière. Et la présence de catégories définies par une fonction plutôt que par une apparence. Une conséquence pratique s’ensuit. La troisième propriété prédit le coût mieux que le nombre de classes lui-même, deux classes rarement adjacentes coûtant beaucoup moins que deux classes qui se côtoient partout.Le lot pilote comme seule estimation
Cette méthode transforme ces facteurs en chiffre défendable. Quelques images réelles annotées fournissent ce qu’aucune estimation ne produit. Quatre informations exploitables en découlent. La cadence observée par type de contour, qui remplace toute hypothèse. La longueur de frontière moyenne par image, base réelle du dimensionnement. Le désaccord entre annotateurs, qui borne ce qui peut être promis. Et la faisabilité des conventions, cas limites révélés inclus. Une conséquence pratique importante en découle. L’écart de cadence entre une image aux contours nets et une image aux contours découpés atteint un facteur que personne n’anticipe, ce qui rend un chiffrage sans pilote arbitraire plutôt qu’imprécis.Mesurer la longueur de frontière
Une opération transforme cette grandeur abstraite en chiffre exploitable. Quatre étapes composent cette mesure en segmentation d’images. Annoter quelques images représentatives selon la formulation retenue. Calculer la longueur totale des frontières entre régions sur chacune. Rapporter le temps passé à cette longueur, ce qui donne une cadence en unité de frontière. Et appliquer cette cadence à la longueur estimée sur le corpus complet. Une conséquence pratique importante en découle. La quatrième étape suppose d’estimer la longueur sur le corpus entier, ce qui se fait par échantillonnage plutôt que par calcul exhaustif, quelques dizaines d’images suffisant à borner la valeur avec une précision suffisante pour un devis.Ce qui réduit réellement le coût
Cinq leviers fonctionnent en segmentation d’images. Ils agissent avant la production. Choisir la formulation la plus simple qui serve l’usage. Fixer une précision de contour vérifiée contre un usage réel. Regrouper les classes rarement distinguées en aval. Limiter l’exhaustivité aux zones que le traitement consultera. Et employer la désignation assistée sur les classes qui s’y prêtent. Une observation en découle. Ces cinq leviers agissent sur le périmètre et ne dégradent rien, alors que l’attention se porte spontanément sur l’accélération de la production, qui produit un gain inférieur.Les fausses économies
Quatre réductions apparentes coûtent davantage qu’elles ne font gagner. Sauter le lot pilote, ce qui économise une journée et produit un chiffrage dont l’écart se paie en production. Omettre la règle de placement, ce qui produit une variabilité de surface entre annotateurs. Absorber le contrôle dans l’annotation, ce qui masque un poste plutôt que de le supprimer. Et choisir la formulation sémantique pour économiser, ce qui ferme la porte au dénombrement. Ces quatre réductions partagent une structure commune. Chacune supprime un coût visible maintenant et en crée un invisible plus tard.Les modèles de facturation
Quatre modes coexistent en segmentation d’images. Leur choix redistribue le risque. La facturation à l’image, lisible et exposant fortement le prestataire à la variabilité des contours. La facturation à la région, plus fidèle sur un corpus d’objets et trompeuse sur un corpus exhaustif. La facturation au temps, adaptée à un travail dont la difficulté est mal connue. Et le forfait, qui donne au client une visibilité complète et transfère le risque au prestataire. Une recommandation en découle pour un projet de segmentation d’images. Un lot pilote facturé suivi d’un forfait combine les avantages, le pilote levant l’incertitude sur la longueur de frontière qui rendait le forfait risqué.Comparer deux propositions
Six questions rendent deux offres de segmentation d’images comparables. Quelle formulation, classe par classe. Quelle précision de contour, exprimée en tolérance chiffrée. L’exhaustivité est-elle incluse et sur quelles zones. Quelle règle de placement sur les transitions floues. Le contrôle figure-t-il comme ligne distincte. Et le corpus d’évaluation est-il inclus. Une observation en découle. La troisième question est celle dont les réponses divergent le plus, l’exhaustivité représentant souvent la moitié du travail et n’apparaissant dans aucun devis.Aborder le chiffrage d’un projet
Cinq questions produisent une estimation défendable pour un projet de segmentation d’images. Quelle formulation l’usage exige-t-il réellement. Cette réponse est le principal levier. Quelle est la longueur de frontière moyenne par image. Cette réponse remplace le comptage d’images. Quelle précision de contour est nécessaire. Cette réponse change le temps par région. Le fond doit-il être décrit. Cette réponse peut doubler le volume. Et un lot pilote est-il accepté. Son refus rend tout forfait imprudent. Ces cinq réponses déterminent le volume et la structure de l’offre. Les poser avant de chiffrer évite l’engagement sur un périmètre dont l’ampleur apparaît en production.Ce que ce chapitre enseigne
Une observation transversale mérite de clore cet examen. Le coût de cette tâche est déterminé par des décisions de périmètre plutôt que par la quantité d’images. Trois constats la composent. La longueur cumulée des frontières constitue l’unité réelle et se mesure plutôt qu’elle ne s’estime. La formulation et l’exhaustivité se multiplient entre elles et déterminent le budget davantage que le nombre d’images. Et ces décisions relèvent de l’usage aval plutôt que de la technique d’annotation. Ce constat rejoint celui des clusters précédents, la valeur d’un prestataire tenant au cadrage autant qu’à la production.Les erreurs les plus fréquentes
- Chiffrer à l’image sans avoir mesuré la longueur de frontière.
- Chiffrer à la région sur un corpus exhaustif.
- Omettre le fond dans l’estimation d’un corpus panoptique.
- Exiger une précision au pixel sans usage qui l’exploite.
- Négliger l’effet des classes fréquemment adjacentes.
- Absorber le contrôle qualité dans le poste d’annotation.
- Comparer deux propositions sur le prix à l’image.
- S’engager au forfait sans lot pilote préalable.
- Choisir le sémantique pour économiser sans mesurer ce qu’on perd.
- Annoncer un gain d’assistance global plutôt que par classe.